La leptospirose, un risque à ne pas négliger dans le BTP

La leptospirose est la zoonose la plus répandue dans le monde. Elle est provoquée par des bactéries éliminées dans l’urine des rongeurs. Chaque année, plusieurs centaines de cas sont recensés en France, certains pouvant entraîner des complications graves nécessitant une hospitalisation. Près de 22 % des cas de leptospirose professionnelle recensés en France concernaient des travailleurs du BTP. La leptospirose est une maladie professionnelle reconnue au Tableau 19A du régime général. C’est une maladie à déclaration obligatoire.

Pourquoi les professionnels du BTP sont-ils concernés ?

Dans le secteur du BTP, certaines activités exposent davantage au risque de leptospirose :

  • Travaux d’assainissement et de réseaux d’eaux usées.
  • Égoutiers et interventions dans les collecteurs.
  • Travaux de terrassement en milieu humide.
  • Travaux en tranchées inondées ou boueuses.
  • Travaux de démolition de bâtiments insalubres.
  • Travaux de voirie à proximité des réseaux d’assainissement.
  • Interventions après inondations ou dégâts d’eaux.
  • Nettoyage de chantiers contaminés.

Comment un salarié du BTP peut-il être contaminé par la leptospirose ?

La contamination humaine se fait :

  • Par contact direct avec les animaux (vivants ou morts) et leurs urines.
  • Par contact de la peau lésée (coupure, ampoule, éraflure) avec de l’eau, de la boue ou un sol contaminé.
  • Par les muqueuses (yeux, nez, bouche) lors de projections d’eau souillée ou en portant les mains contaminées au visage.

Une simple écorchure, une gerçure sur les mains ou le fait de frotter ses yeux avec des mains salies par de la boue de chantier suffit à contracter la maladie.

Quels sont les symptômes ?

Ils apparaissent en moyenne entre 2 et 21 jours après la contamination : une forte fièvre, douleurs musculaires, articulaires, abdominales et forts maux de tête. La maladie peut s’aggraver 4 à 5 jours après les premiers signes et s’étendre aux méninges, au foie, aux reins, aux poumons.

Que faire en cas de suspicion ?

La leptospirose peut notamment concerner les salariés travaillant au contact d’eaux stagnantes, de boues ou de sols humides. La prévention repose sur des mesures simples pour limiter l’exposition et protéger les salariés.

Concrètement, que doit faire l’employeur ?

L’employeur doit :

  • Évaluer le risque biologique lié à la leptospirose sur les chantiers et l’intégrer dans le DUERP (Document Unique d’Evaluation des Risques Professionnels) de son entreprise.
  • Organiser les chantiers afin de limiter l’exposition des salariés.
  • Limiter la prolifération des rongeurs (dératisation, élimination des sources de nourritures et d’abris).
  • Sensibiliser les salariés potentiellement exposés aux modes de contamination, symptômes et gestes de prévention.
  • Mettre à disposition de l’eau potable et du savon, des essuie-mains à usage unique.
  • Fournir des équipements de protection individuelle adaptés (gants imperméables, bottes ou cuissardes étanches, vêtements de travail couvrants, lunettes de protection…).

Les bons réflexes à transmettre à vos salariés

  • Limiter le contact direct avec :
    • Les eaux stagnantes, boues et sols humides potentiellement contaminés.
    • Les zones fréquentées par des rongeurs.
    • Les animaux sauvages, vivants ou morts.
  • Porter des EPI adaptés à l’activité (gants résistants, étanches et à manches longues, bottes, cuissardes ou combinaison imperméable, lunettes de protection…)

Pour les salariés exposés, quelques gestes simples permettent de limiter le risque de contamination au quotidien. Une bonne hygiène, des protections adaptées et les bons réflexes en cas de plaie ou de projection sont essentiels.

Adopter les bons gestes d’hygiène

  • Ne pas boire, manger ou fumer sur la zone de travail.
  • Éviter de porter les mains ou les gants souillés au niveau des  yeux, du nez ou de la bouche.
  • Se laver systématiquement les mains avec de l’eau potable et du savon après les travaux, avant les pauses et les repas, après le retrait des gants / EPI et en fin de poste.
  • Nettoyer régulièrement les vêtements de travail et les équipements de protection.
  • Séparer les vêtements professionnels des vêtements personnels.
  • Changer de vêtements à la fin de la journée de travail.

En cas de plaie ou de projection

  • Nettoyer et désinfecter immédiatement toute coupure ou égratignure.
  • Protéger toute plaie avec un pansement étanche avant une nouvelle exposition.
  • Rincer immédiatement à l’eau potable en cas de projection dans les yeux. 

Quel suivi médical pour les salariés exposés ?

La vaccination peut être proposée au cas par cas par le médecin du travail en fonction de l’évaluation du risque, selon les spécificités du poste et les tâches effectuées. Elle ne dispense pas de la mise en place et du respect des mesures de prévention collective et individuelle.

Nos équipes de professionnels de santé et de préventeurs sont à votre disposition pour vous conseiller et vous accompagner dans la mise en place du suivi médical et de mesures de prévention de la leptospirose.